Nous allons donner régulièrement la parole à des Experts invités à contribuer à notre blog. Ce premier billet a été rédigé par Patrick Grossetete de la société Arch Rock . Patrick a été pendant de nombreuses années le Monsieur « IPv6 » de Cisco à travers le monde, un jour à conseiller des gouvernements sur leur stratégie Internet, le lendemain au service d’opérateurs ou d’entreprises, présentant dans les organismes de standardisation, souvent à évangéliser une vision pragmatique de l’apport concret d’IPv6 dans notre vie quotidienne. Depuis quelques mois, il porte un nouveau bébé avec les créateurs du 6LowPan , ce nouveau protocole standardisé de l’IPv6 pour adapter les couches physique et liaison utilisées par Zigbee à l’internet des objets, au sein d’Arch Rock, une jeune étoile – membre fondateur de l’IP Smart Object Alliance - qui brille déjà dans la Silicon Valley. Une continuité de passion naturelle ! C’est un grand plaisir de le recevoir dans ce blog, alors à tous, bonne lecture !

 

Patrick Grossetete – Arch Rock

ipv6-logoDes milliards d’objets tous différents les uns des autres composent notre environnement quotidien. Tous les jours, on active des boutons, allumant ou éteignant un nombre croissant d’appareils, et l’on commence très – trop – lentement à penser “comment pourrais-je mieux gérer cette consommation d’énergie”? Alors pour agir de façon dynamique avec ces appareils, pourquoi ne pas leur intégrer la technologie Internet qui a largement modifié notre communication. Après tout, ces objets qui bien que fonctionnant avec des ressources plus limitées que celles de nos ordinateurs, n’en sont pas moins devenus « informatisés » au fil du temps ?

Ainsi a émergé le concept de l’Internet des objets, dont la définition sujette à débat n’est pas forcement connue du commun des mortels. Mais que veut-on bien regrouper dans cette appellation ?
• Le monde physique de l’espace, des choses, des actions mécaniques, des positions, des forces, de la chaleur, du mouvement, de la gravité, de l’accélération, de la lumière, des concentrations de produits chimiques, du magnétisme, des ondes radio, etc.
• Le monde de l’électronique analogique, avec une tension, courant, résistance, capacité et inductance.
• Le monde numérique des valeurs binaires (vrai et faux, 0 et 1) et des identifiants.
• Le monde de l’information où nous donnons un sens à ces valeurs afin de manipuler et visualiser les informations, en tirer des conclusions et de choisir les mesures à prendre.

Pourquoi « l’Internet »?
Heureusement (ou malheureusement), il a été démontré il y a longtemps que la Terre n’est pas plate, ce qui signifie – dans notre contexte – un besoin permanent d’adaptation aux nouvelles technologies que ce soit un protocole de transmission physique plus rapide ou de nouveaux environnements applicatifs (ex : Web 2.0) pour répondre à toutes les exigences d’un ensemble varié d’applications et d’utilisations. Bien que certainement imparfait, la suite de protocole utilisé par l’Internet (architecture TCP/IP) a largement démontré ses capacités à s’adapter à tous les environnements et garantir son futur au travers de sa nouvelle version (IPv6) pour une croissance exponentielle. On peut ainsi mieux comprendre le choix « Internet » en analysant les atouts du modèle :
• Une capacité à être déployé sur une grande échelle : “The Internet” et une souplesse d’adaptation à tous les standards de transmission- sans fil (802.15.4/6LoWPAN, Wi-Fi, 3G, WiMax, …) et filaire (Ethernet, Sonet/SDH, liaison série, …). Cela aidera le monde des objets dans sa transition d’environnements propriétaires à des standards ouverts, facilitant une meilleure interopérabilité des équipements.
• Des modèles de déploiement adaptés à tout type de gestion : centralisée (ex : un Intranet) ou distribuée (ex: L’Internet) ou « non managée » (ex : réseau personnel) – que ce soit pour un environnement d’entreprise, de services à l’usager ou à la maison.
• Une grande polyvalence pour traiter tout type de trafic, y compris le transport de données critiques telles que la voix et vidéo grâce à l’ensemble des services – nommage, adressage, routage, sécurité, partage de charge, mise en cache, mobilité, outils de gestion, etc – disponibles au travers des implémentations.
• Un modèle de données et de services qui sont très bien compris par les développeurs de logiciels et plus largement du public au travers des applications Web.

Alors, comme pour l’adoption de toute nouvelle technologie, 5 à 10 années seront nécessaires pour juger du succès mais ne vous y trompez pas l’Internet des Objets est à votre porte.