Copenhague, sa petite sirène, ses maisons colorées, ses canaux… et sa future conférence sur le climat ! Pas un jour sans un nouvel article sur le sujet. Tous les experts vous le diront : Copenhague doit être une réussite si l’humanité souhaite véritablement relever le défi du changement climatique.
Et pourtant… pourtant, rien n’est moins sûr car il apparaît très difficile de s’accorder sur des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre acceptables par tous.
Et cela s’explique par une interprétation différente des efforts à fournir :
- D’un côté, il y a les pays riches. Des pays qui ont hérité de 2 siècles de développement industriel fulgurant, 2 siècles nourris aux ressources fossiles (charbon, pétrole et gaz), 2 siècles à émettre des quantités de gaz à effet de serre sans aucune restriction, 2 siècles pour devenir les principales puissances économiques de la planète à l’aube du XXIème siècle.
- De l’autre, il y a les pays en développement. Des pays qui n’ont pas pris le train de la révolution industrielle au XIXème siècle, mais des pays qui sont maintenant en effervescence, des pays qui présentent des taux de croissance à 2 chiffres, des pays qui veulent maintenir cette croissance en consommant toujours plus d’énergie, de l’énergie qui se présente dans la majeure partie des cas sous forme fossile.
Si on regarde le schéma ci-dessous, voilà comment on pourrait résumer la situation :

En 2004, les pays développés représentent environ 20% de la population mondiale, ont émis cette année-là environ 60% des émissions totales de gaz à effet de serre de 2004, et sont responsables de près de 77% des gaz à effet de serre d’origine anthropique émis dans l’atmosphère depuis le début de la Révolution Industrielle.
Pour Pékin, le développement du pays est prioritaire face au changement climatique. Ainsi, les mesures de réductions les plus contraignantes devraient êtres appliquées aux pays les plus riches. Un point de vue largement partagé par l’Inde…
Alors que faire ? Sur quels critères faut-il juger la responsabilité des pays émetteurs de gaz à effet de serre ? Sur la totalité des émissions réparties dans le temps ou sur la quantité émise ces dernières années ?
Dans le premier cas, il est vrai que les pays riches sont majoritairement responsables. Dans le second cas, la Chine étant aujourd’hui le premier émetteur de GES, c’est à elle qu’incombe désormais une partie de la responsabilité. Mais n’est-il pas légitime que ce pays se développe aujourd’hui, comme les pays riches l’ont fait hier ?
Et quand on sait que les émissions produites sur le territoire de la Chine sont essentiellement le fait d’entreprises étrangères ou de la fabrication de marchandises exportées vers les pays riches, on comprend que les négociations à Copenhague s’annoncent difficiles…
