Un éco-quartier est une zone urbaine ou rurale entièrement conçue, organisée et gérée dans une démarche intégrant le développement durable. Un éco-quartier doit entre autres chercher à réduire au maximum l’impact sur l’environnement de la zone où il est implanté, à favoriser le développement économique, la qualité de vie de ses habitants, la mixité et l’intégration sociale.
Les éco-quartiers qui commencent à voir le jour un peu partout en Europe prouvent qu’il s’agit bien de projets réalistes d’éco-habitats, plus respectueux de la planète et des hommes, car du point de vue environnemental, si tous les êtres humains vivaient à la manière d’un français par exemple, il nous faudrait aujourd’hui trois planètes pour subvenir à notre insatiable train de vie…
Pour ce qui est des consommations d’énergie, les éco-quartiers doivent donc permettre de les réduire au global, c’est-à-dire aussi bien lors de la phase de construction, que pour celles liées au fonctionnement quotidien. Cet objectif ne peut être atteint, au-delà de la nécessaire implication de chacun des habitants, qu’en adoptant une nouvelle approche de la construction, alliée aux performances que permet l’emploi des énergies renouvelables.
Pour la construction, au minimum, ce sont les critères du cahier des charges Haute Qualité Environnementale (HQE) qui doivent être respectés, ou celui du label BBC (bâtiment à basse consommation). Pour ce dernier, la consommation finale des bâtiments en énergie primaire (chauffage, eau chaude sanitaire, électricité…) est d’environ 50 KWh/m²/an, alors qu’en moyenne en France, un logement consomme entre 160 et 300 KWh/m2/an en France, selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). Ainsi, quelques éléments clés sont communs à la plupart des éco-quartiers et favorisent la réduction des consommations d’énergie : par exemple, la conception de systèmes de chauffage basés sur des énergies renouvelables, l’isolation intégrée permettant un allègement des consommations énergétiques, des installations favorisant la réduction des gaz à effets de serre, des réseaux de transport collectifs intelligents, des systèmes de récupération et de réutilisation des eaux de pluie…
Selon un article du journal Le Monde (« Les bâtiments basse consommation réaliseront-ils les économies d’énergie espérées ? », Le Monde du 14 Aout 2010), les premiers bilans montrent que les économies sont réelles, mais les rares bilans disponibles relèvent réellement des consommations hétéroclites et parfois éloignées des objectifs. Les causes qui reviennent : l’étanchéité à l’air de l’enveloppe du bâtiment, négligée faute de budget, la surchauffe des appartements par les occupants ou une chaudière surdimensionnée…
D’où l’importance de la sensibilisation des habitants qui jouent un rôle crucial pour minimiser l’empreinte écologique d’un éco-quartier, car au final, les réelles économies reposent en grande partie sur les usagers eux-mêmes.
On peut citer comme exemple les performances énergétiques obtenues, ou projetées, par quelques éco-quartiers en France et en Europe :
A Fribourg en Allemagne, dans le Quartier Vauban, un des éco-quartiers souvent cité en exemple en Europe, les maisons et les immeubles ont une consommation énergétique maximale pour le chauffage de 65 kWh/m²/an, contre 200 à 300 kWh pour une construction standard dans ce pays.
A Grenoble, l’objectif de la ZAC de Bonne, où les premiers habitants ont pu emménager depuis 2008, est de réduire de 30 à 40 % la consommation d’énergie par rapport aux standards applicables dans les constructions traditionnelles (régies par la Réglementation thermiques 2005), avec une consommation d’énergie de l’ordre 65 kWh/m²/an. Pour parvenir à ces performances, tous les bâtiments sont isolés par l’extérieur et équipés de menuiseries performantes pour limiter les ponts thermiques. Des solutions utilisant les énergies renouvelables font également partie intégrante de chaque construction.
A la ZAC Gare de Rungis (Paris 13e), le premier éco-quartier de Paris qui doit voir le jour entre 2012 et 2014, le plus performant de cette zone doit être le futur immeuble de bureaux de Winy Maas, avec une consommation énergétique limitée à 32 kWh/m²/an.
Et dans l’éco-quartier d’Hammarby Sjöstad, à Stockholm, la consommation d’énergie moyenne est de 60 kWh/m²/an.
Pour en savoir plus :
Le livre « Ecoquartiers en Europe » de Philippe Bovet, aux éditions Eyrolles.
« Eco-villes et éco-quartiers » sur le site de l’association GoodPlanet.
Projets remarqués en Europe, sur le site :


