Le record de consommation électrique que nous avons connu le 7 février 2011 à 19h a atteint les 101.700 MW  et a battu le record en date du 15 décembre 2010 qui était de 96.710 MW. Evènement très médiatisé, ce nouveau record a permis de mettre une fois de plus en avant la problématique de la surconsommation électrique en France… le black-out ayant pu être été évité grâce aux importations réalisées par la France auprès de ses voisins comme l’Allemagne. Ces pics de consommation sont-ils amenés à atteindre toujours de nouveaux records, ou allons-nous être capables de maîtriser notre consommation et ainsi ne plus dépasser la barre des 100.000 MW dans les prochaines années ?

 

La consommation électrique des ménages en France tend à se stabiliser

Depuis deux années consécutives, et malgré ces deux records atteints en l’espace de 14 mois, on constate une stabilisation de la consommation électrique des ménages français (même si le niveau de consommation reste encore élevé).  A titre d’exemple, les appareils électriques d’un ménage consomment en moyenne 2500 kWh et sont devenus 25% plus efficaces  par rapport à 1990. Concernant l’éclairage, la consommation a baissé de moitié (principalement grâce à l’introduction des lampes basse consommation).

 

Les comportements des ménages en France ont-ils évolué ?

En 2008, le CRÉDOC (Centre de Recherche pour l’Étude et l’Observations des Conditions de vie) soulignait que pour les ménages français «la recherche du confort primait encore sur les économies d’énergie ». Alors que l’industrie voyait sa consommation nettement diminuer, et ceci depuis 30 ans, celle du résidentiel-tertiaire augmentait de 21%. Dépendante des caractéristiques de l’habitat, des équipements électriques utilisés et des comportements des ménages, la consommation résidentielle augmentait ainsi au même rythme que la consommation énergétique totale. Les pouvoirs publics ont alors commencé à informer les ménages de leur consommation énergétique excessive (la part du résidentiel représentant près de 70% des consommations énergétiques finales du secteur résidentiel-tertiaire). Un autre point intéressant mis en avant par le CREDOC concernait l’augmentation de température de l’habitat : alors qu’en 1986, la température moyenne des logements était de 19°C, elle atteignait les 21°C en 2003 ! Entre 1973 et 2003, les consommations d’électricité pour les usages de confort avaient augmenté de 85% par mètre carré. La hausse du confort de vie (température intérieure en hausse, multiplication des appareils électriques…) a induit des comportements de consommation peu économes.

4 ans plus tard, qu’en est-il ? Dans une récente publication, le CRÉDOC estime que le temps de la prise de conscience et des bonnes pratiques est enfin arrivé ! Plus sensibles aux enjeux environnementaux, les comportements des ménages sont en pleine mutation. Les politiques de sensibilisation à destination des ménages commenceraient-elles à porter leurs fruits ? Malgré l’augmentation du confort auquel nous nous sommes habitués, nous sommes enfin arrivés aux prémices de l’engagement durable en terme d’efficacité énergétique : maintenir un certain confort de vie, tout en consommant moins. En 2011, plus de 8 personnes sur 10 se disent concernées par les problèmes environnementaux. Malgré un contexte économique défavorable, ils se déclarent également prêts à payer plus de taxes pour la défense de l’environnement.

Malgré le dernier record de consommation de février, il semble que les ménages commencent à s’engager sur la voie de l’efficacité énergétique, mais qu’un temps d’adaptation leur est nécessaire pour équilibrer confort et consommation !

 

> Retrouvez la publication du Crédoc de mars 2008 ici.

> Retrouvez la publication du Crédoc d’août 2011 ici.